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Charsonville : De Vandré à La Vendrée

Auteur : Patrick  Créé le : 09/03/2025 11:26
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Aujourd’hui, la Vendrée désigne à Charsonville un ensemble d’habitations, accolé au bourg, côté Ouest (voir figure 1 ci-dessous). La Vendrée n’est pas un hameau mais le nom d’un lieu dit dont la signification reste inconnue.

L’objet de cet article est donc de proposer une hypothèse sur l’origine de ce nom. Cette proposition découle des lectures récentes de plusieurs documents issus des archives départementales du Loiret.

 

Description du lieu vers 1670

En 1670, le nom de « la Vendrée » n’existait pas encore et le lieu était à peine construit. Celui ci comprenait seulement une ferme, qui existe encore (voir figure 2 ci-dessous), et 3 petits bâtiments qui correspondaient certainement à 3 granges car elles n’étaient pas proches de la rue. Cette unique ferme devait très certainement se nommer « La Rocheferrière ». Elle appartenait au seigneur de Charsonville et jusqu’en 1741, faisait partie du bourg.

On apprend dans les baux que la ferme se composait d’une maison, d’une écurie, bergerie, toit à vaches, fournil et granges. Pour accéder dans la cour de celle-ci il fallait passer un porche. Le seigneur de Charsonville louait cette ferme à des laboureurs. Ainsi, par exemple, en 1696 elle était exploitée par Etienne Boucheron également meunier du Grand Moulin, en 1729 par Pierre Dousset et en 1741 par Thomas Dousset.

A cette époque, la « grande rue du bourg » désignait la route qui allait du « château » jusqu’au chemin vert (qui existe toujours, situé à proximité du château d’eau) (voir figure 2 ci-dessous). Il n’y avait donc pas de séparation entre le bourg et la future « Vendrée ». La rue du bourg, en direction de l’Ouest, conduisait uniquement à Ourcis. Pour aller à Ouzouer-Le-Marché les habitants du bourg de Charsonville empruntaient la rue de la Garenne.

Sur le plan de 1670, à proximité de la ferme de La Rocheferrière, il a été dessiné une grande mare qui devait récupérer les eaux de pluie venant du centre du bourg. Elle n’était pas encore entourée d’un petit mur en pierres. Il sera construit en 1861 « autour de l’abreuvoir communal ». Cette mare existait encore à la fin du 20ème siècle et puis sera entièrement comblée pour devenir un parking pour les camions en transit.

Pour information, en 1670, il y avait deux mares dans le bourg de Charsonville. La grande mare à l’Ouest du bourg que nous venons de citer et une petite mare qui était située à proximité de l’église, rue actuelle du 11 novembre et qui a disparue au 18ème siècle pour permettre, très certainement, l’agrandissement de l’ancienne place du marché. Cette petite mare, serrée au centre du bourg autour de l’église, du cimetière et du « château », était probablement la première mare du village primitif de Charsonville.

 

Damoiselle de Vandré

Vers 1700, le nom d’une propriétaire de terres « Damoiselle de Vandré » (voir figure 3 et 4 ci-dessous) apparaît dans un bail à Charsonville. Cette personne possédait des terres vers Villorceau et entre Chevenelle et le bourg. Il est possible que cette personne, noble, soit de la famille des Poussard, Seigneur de Vandré, localité de Charentes Maritime.

 

Il faut attendre 1746 pour voir apparaître dans un bail de location de terres le terme « terres de la Vandrée ». Le nom s’est féminisé grâce à l’article « la » et sa terminaison en « e ».

De même, que dans un bail de 1764 il est écrit : aux terres de La Vendrée (voir figure 5 ci-dessous).

 

 

Enfin, dans un bail, daté de 1779, le notaire précisait « la rue qui conduit dudit bourg à la Vendrée » (voir figure 6 ci-dessous). C’était à cette époque que la distinction entre le bourg et le lieu dit La Vendrée venait d’avoir lieu et que la décision de créer une nouvelle route vers Ouzouer Le Marché venait d’être votée.

 

 

Dans la deuxième moitié du 18 ème siècle le nom de la Damoiselle de Vandré était devenu le nom du lieu La Vendrée.

Pour information, la création de la route d’Orléans vers Ouzouer Le Marché, fut décidée en 1779. Il s’agissait de construire une nouvelle route menant d’abord d’Orléans à Ouzouer le Marché comme représentée sur la carte dite « Cassini » de 1800 (voir figure 7 ci-dessous). Ensuite, il faudra attendre le milieu du 19 ème siècle pour que la route n° 5 d’Orléans au Mans par Charsonville soit prolongée après Ouzouer Le Marché.

 

 

Sur le plan ci-dessous de 1830 (voir figures 8 et 9), la route vers Ouzouer Le Marché était représentée. Les habitations n’étaient pas encore nombreuses et il faudra attendre 1900 pour compter environ 10 maisons et 35 habitants. On l’appelait alors, non le hameau, mais le « quartier » de La Vendrée.

 

 

Autre information, en 1869, un projet de construction de la partie de route (chemin vicinal ordinaire n° 6), comprise entre le moulin de la Vendrée et le hameau d’Ourcis, représentant une longueur d’environ 3km, avait été présenté à la mairie de Charsonville par la préfecture du Loiret. Les pierres concassées pour la confection de la nouvelle chaussée, mise en œuvre sur une épaisseur de 20cm, provenaient des carrières de Villorceau. Les travaux devaient être terminés en avril 1870. Les travaux de la partie de route entre Ourcis et Seronville (chemin vicinal ordinaire n° 7) avaient été réalisés et terminés fin 1868 par un entrepreneur de Verdes.

 

 

 

 

 

Sources :

  • Archives départementales du Loiret
  • Le Loiret Généalogique
  • Gallica
  • Géoportail
  • Archive personnelle (plan de Charsonville daté de 1670)