La véritable histoire du calvaire des « Hôtels » à Villamblain
Modifié le : 02/10/2026 15:49
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.L’histoire de cette croix débute en 1940, elle constitue un élément local de l’histoire nationale, évoquée sur ce même site dans l’article « La Bataille de GAULLE ».
Nous sommes le 10 mai 1940, l’armée allemande envahit le nord de la France après les Pays Bas et la Belgique en contournant la Ligne Maginot.
Le17 mai le colonel de Gaulle contre-attaque à Montcornet dans l’Aisne et bloque provisoirement l’avancée allemande en infligeant de grosses pertes à l’ennemi en hommes et en matériel. Cette bataille vaudra son grade de général au colonel de Gaulle. Sans véritable soutien, il est obligé de se replier sur ordre du général Georges.
Dans le même temps, la bataille de Dunkerque commence le 20 mai 1940 où plus de 300 000 hommes de nationalités françaises, belges, anglaises ou canadiennes sont encerclés par les troupes allemandes et vont être évacués entre le 27 mai et le 4 juin 1940 vers l’Angleterre. Ce sera l’opération « Dynamo ». Tous les bateaux même civils sont réquisitionnés.
Pendant les 9 jours de l’opération Dynamo, les troupes françaises mènent alors une résistance héroïque et désespérée, en particulier la 12ème division d'infanterie motorisée à partir du Fort des dunes. Il s’agit de gagner du temps nécessaire à l'embarquement de l'essentiel des troupes britanniques et de plusieurs unités françaises et belges vers l’Angleterre.
Parmi ces militaires français, un sergent originaire de Villamblain, René Chavigny et sa section d’une vingtaine hommes du 131ème régiment d’infanterie d’Orléans. Il va se battre pour embarquer .
Voici son histoire racontée par l’une de ses petites filles, Élise Chavigny, lorsqu’elle avait 10 ans. :
Elise à 10 ans



La promesse de Lisieux : ériger une croix aux Hôtels
Le texte d’Elise nous raconte comment son grand-père René Chavigny, revenu à la ferme des Hôtels (Villamblain) avant la libération, va participer, à son niveau, en compagnie du Maître d’école de Villamblain, Monsieur Guy Méry, à différents actes de résistance et de sauvegarde des aviateurs abattus par la DCA ennemi.

René CHAVIGNY en militaire du 131è régiment d'infanterie , Guy MERY et René CHAVIGNY
L’armée française étant alors totalement désorganisée, René Chavigny va reprendre une vie presque normale, en cette période d’occupation.
Le 14 février 1942, il épouse Germaine Richard, la fille de la ferme qui jouxte celle de ses parents aux Hôtels. De cette union naîtront de nombreux enfants
Villamblain sera libéré le 15 août 1944, René va pouvoir concrétiser la promesse qu’il s’était faite à Lisieux. Avec ses beaux-parents, Maxime et Hélène Richard, ils choisissent l’endroit où pourra être construit ce monument.
Au carrefour de la route qui conduit à Villamblain se trouve une croix en bois en très mauvais état, ils décident que ce sera là. Ce sera une construction en pierre sur laquelle sera incrustée une croix en chêne provenant des charpentes de la ferme des Chavigny.
Le mur support est construit par l’entreprise Bomberault, maçon de Villamblain. M. Moreau, charron à Villamblain, prépare la poutre en chêne sur laquelle M Dermigny de l’entreprise Croix-Marie d’Orléans va sculpter le Christ.
En septembre 1950, l’abbé Fougereux est curé de Villamblain. Ce monument aurait été inauguré par l’abbé Atton, curé de Saint paterne qui deviendra en 1961 évêque auxiliaire d’Orléans et en 1964 évêque de Langres, accompagné de l’abbé Brossard aumônier à Saint Euverte.

Le cortège épiscopal où l'on distingue la silhouette d'un prélat coiffé de sa mître, quitte la ferme des Hôtels pour participar à la cérémonie. (Photo anomyme retrouvée dans les archives de la famille Chavigny).

Le jour de l'inauguration de cette croix, l'évêque qui préside la cérémonie, prononce son homélie devant la croix et l'autel dressé pour la circonstance.(Photo anomyme retrouvée dans les archives de la famille Chavigny).
Le récit de cette cérémonie retrouvé dans une publication anonyme, ne correspond sans doute pas à la réalité. pour plusieurs raisons. Nous savons qu'un évêque présidait cette inauguration. Cet évêque ne pouvait pas être Mgt ATTON qui n'a été consacré qu'en 1961. La consultation des archives de l'évêché d'Orléans ne nous a pas permis de répondre à ces interrogations? Si l'un de nos visiteurs a des précisions sur le déroulé de cet évènement, nous serions heureux d'en faire état sur ce site et de les partager.
Pour préciser l'identité du prélât qui a présidé cette cérémonie, nous publions ci dessous deux clichés comparatifs qui nous permettent de penser que cet évêque était Mgr Courcoux qui à l'époque était à la tête du diocèse d'Orléans.
Comparaison du portrait de Mgr Courcoux à gauche avec celui du prélat qui présidait l'a bénédiction de cette croix.
Mgr Courcoux accueillant le président Vincent Auriol lors des fêtes de Jeanne d'Arc devant la cathédrale Saint Croix à Orléans

La croix des Hôtels inaugurée en septembre 1950
Quelques années plus tard le mur est détruit par la chute d’un arbre lors d’un épisode orageux.
La croix en bois est intacte. L’entreprise Bomberault, sans doute un peu contrariée, reconstruira dans la semaine ledit mur, gratuitement.
Soixante ans après son inauguration, en 2010, la croix des Hôtels orientée plein ouest est victime des intempéries. La famille Chavigny, Gilbert et Philippe vont prendre deux initiatives.
Gilbert va restaurer la croix en chêne qu’il a vu sculpter dans son enfance, et la fixer, plein sud sur le mur de la grange de l’exploitation agricole.

Victime des intempéries en novembre 2009
La croix initiale en chêne désormais sur un mur de la ferme orientée au sud
Philippe va demander à Jean Daniel Bellamy artisan-graveur-lapidaire à Villamblain de poser une croix en pierre de Combe Brune sur laquelle sera fixé un crucifix en pierre de Santa Lucia sculpté par l’artisan.

En 2010 Jean daniel BELLAMY met la dernière main au crucifix . La croix des Hôtels aujourd'hui

Aujourd’hui, encore cette croix, est un point de rencontre entre les familles Chavigny et Richard

Mai 2009









