Charsonville - Les statues et vitraux de son église
Nef, mur Ouest
Statues de ND de Lourdes et Sainte Bernadette
Dans l’angle du mur (côté nord) deux statues en plâtre (voir figure 1 ci-dessous) du 20ème siècle, peintes, représentent les apparitions à Lourdes (1858). ND de Lourdes est vêtue en blanc, ceinture bleue (le bleu rappelle qu’elle est la Reine des Cieux) et un grand chapelet doré à sa ceinture, les mains jointes et le regard vers le ciel.
Sainte Bernadette Soubirous (1844-1879), canonisée en 1933, est à genoux aux pieds de ND. Habillée de gris, elle tient un chapelet dans sa main droite et un bâton dans sa main gauche.

Statue de Sainte Germaine Cousin
Une statue en plâtre (voir figure 2 ci-dessous), posée après 1867 (date de sa canonisation), non peinte, est placée au dessus du portail d’entrée de l’église. Il s’agit de Sainte Germaine Cousin (dite de Pibrac), jeune bergère décédée en 1601. Elle est représentée vêtue d’une longue robe avec un foulard sur les cheveux. Des fleurs sont disposées dans son tablier.Un mouton est allongé à ses pieds. Après avoir vécu dans la plus extrême pauvreté elle est devenue en 1867 la patronne des faibles, malades, des bergers et des bergères. Au 19ème siècle et jusqu’au début du 20ème siècle la plupart des fermes de Charsonville faisaient l’élevage de moutons, brebis, béliers et agneaux. Par exemple, en 1857, il était recensé 3500 brebis et agneaux et plus de 500 moutons et béliers à Charsonville.

Située dans l’axe de la nef, au niveau du plafond, une baie (voir figure 3 ci-dessous) est ouverte dans le mur de la façade (voir figures 3 ci-dessous). Elle est fermée par un joli vitrail bleu, blanc et rouge.

Collatéral, mur Ouest
Statue de Sainte Jeanne d’Arc
Un monument aux morts est élevé sur le mur côté Ouest du collatéral. Il a été inauguré le 5 novembre 1922. La statue monochrome de sainte Jeanne d’Arc (voir figure 4 ci-dessous) est présente entre deux plaques commémoratives en marbre où sont inscrits les noms des soldats de Charsonville « morts pour la France » et disparus durant les 2 dernières grandes guerres mondiales.
Depuis l’époque romantique nos places publiques et nos églises se sont peuplées de représentations de celle que l’on nomme au cours des siècles, tantôt « la pucelle d’Orléans », tantôt « la bonne Lorraine », puis « sainte Jeanne d’Arc » à partir de sa canonisation, en 1920. En effet, suite à la demande de l’évêque d’Orléans, Mgr Dupanloup, en 1869, cette dernière est déclarée « vénérable » par l’Église en 1894, béatifiée en 1909 et proclamée « sainte » en 1920, au lendemain de la Grande Guerre. Le nombre de représentations de Jeanne (statues, tableaux, images…) atteint son apogée entre 1880 et les années 1925. Outre l’action de l’évêque d’Orléans, deux autres raisons interviennent ; d’une part la « statuomanie » de l’époque et, d’autre part, le traumatisme que subit la France après la défaite de 1870 devant l’Allemagne. Jeanne d’Arc est désormais « Jeanne la Lorraine », celle que l’on implore pour récupérer les deux provinces perdues. Chaque paroisse souhaite posséder une statue de Jeanne. La maison Marcel Marron, d’Orléans, se fait une spécialité de la diffusion de celle réalisée par le sculpteur Charles Desvergne en 1909.
Jean Charles Desvergnes est né à Bellegarde dans le Loiret (1860-1928). Il proposa au salon de 1909 une Jeanne d’Arc priant avant d’aller au combat qui devint rapidement la « Bienheureuse Jeanne d’Arc ». Les mains jointes, les yeux levés, vêtue d’une cuirasse, avec une épée au fourreau à son côté gauche et une bannière à son côté droit : sa jupe est parsemée de fleurs de lys. Cependant, la hauteur à laquelle on a hissé cette statue dans l’église de Charsonville ne laisse percevoir que « le regard au ciel » de la figuration sulpicienne.
Cette œuvre acquit un succès particulier que Charles Desvergnes su exploiter. Après un accord commercial avec la maison Marcel Marron d’Orléans (fabricant de statues, éditeur), il ouvrit un atelier sur les hauteurs de Meudon.

Collatéral, mur Sud
Statue de St Martin de Tours
Une statue du 19ème siècle (voir figure 5 ci-dessous), polychrome (rouge, or, bleu), représente saint Martin de Tours (316-397), en habit d’évêque. Il porte la crosse et le livre des Evangiles de la main gauche et bénit de la main droite (La disposition des doigts confère au geste la signification trinitaire). Son visage est imberbe et il porte les cheveux longs.

La « paroisse » de Charsonville a été désignée à partir de 1139, dans les cartulaires de l’abbaye de Beaugency, par le nom de son église. Elle se nommait « Sancti Martini de Charconvilla » (Saint Martin de Charsonville). L’église est donc, depuis cette époque, placée sous le vocable de Saint-Martin.
Martin fut le premier saint non martyr. Il n’a laissé aucun écrit et c’est grâce au récit de Sulpice Sévère qu’il est bien connu. Le biographe ou plus exactement l’hagiographe, joue un rôle immense dans la « construction » du personnage de Martin. Sans Sulpice Sévère nous ne saurions à peu près rien.
Saint Martin est né en 316 en Pannonie, l'actuelle Hongrie, sur les frontières de l'empire romain où son père était en garnison. A 15 ans, il est soldat car la loi romaine obligeait les fils de soldats à s'enrôler dans l'armée. Après sa formation, il est muté en Gaule et c'est là, qu'à Amiens, il rencontre en plein hiver le pauvre grelottant à qui il donne la moitié de sa cape et dont il apprend durant la nuit que c'était le Christ qui lui avait fait cette demande.
Il hésitait à devenir chrétien, il s'y décide enfin. Il quitte l'armée pour rejoindre St Hilaire à Poitiers. Avec lui, il fonde le premier monastère des Gaules, à Ligugé, en Poitou. C'est là qu'il sera enlevé par les habitants de Tours qui en feront leur évêque.
Les Tourangeaux, à la recherche d’un nouvel évêque, connaissaient les « vertus » de Martin et parviennent à en faire leur évêque. Or, Martin n’appartient pas à l’aristocratie sénatoriale qui commence à investir la fonction épiscopale. Ces évêques ont fait de l’Eglise le prolongement de l’empire dans l’Occident, dit barbare, en assurant la transmission de la culture latine. Le peuple de Tours vote donc en faveur de Martin pour devenir évêque de Tours (voir figure 6 ci-dessous) en 371. Sulpice, son biographe, qualifie la masse du peuple de Tours comme le « parti le plus sain ». Le fait mérite qu’on insiste car en matière d’histoire sociale de l’Eglise, cette expression de « part la plus saine » sera reprise jusqu’à la fin du 18ème siècle par les notaires lors de débats paroissiaux (comme à Charsonville) pour justifier qu’ils prenait en compte le vote d’un petit nombre, tenu pour une élite chrétienne, de préférence au vote d’un plus grand nombre.
Il meurt à Candes en 397, sa dépouille est ramenée à Tours sur un bateau en remontant la Loire.
Après 1830 on est face à un véritable renouveau dans le domaine de la peinture religieuse. L'imagerie martinienne n’échappe pas à cette nouvelle règle. Des esquisses, dessins et études, notamment pour les cartons de vitraux, comme ceux des Lobin pour la basilique de Tours. L'iconographie y est très largement dominée par le thème de la charité qui d’une vertu chrétienne devient la préoccupation sociale tout au long du siècle.
Statue du saint curé d’Ars
Une statue monochrome en plâtre du saint curé d’Ars (Jean-Baptiste-Marie Vianney) (1786 – 1859) en habit de prêtre. Cette statue (voir figure 6 ci-dessous) a été posée après 1925 (date de la canonisation du curé d’Ars). Le calice est doré pour rappeler que le curé d’Ars a consacré ses loisirs à embellir l'église d’Ars, car il estime qu'« on doit offrir à Notre-Seigneur Jésus-Christ tout ce qu'il y a de plus beau et de plus précieux ». Il achète, à l'aide de son propre argent et de dons de personnes pieuses, un nouvel autel riche en dorures. Il a été déclaré «patron des prêtres de France». Il est nommé patron de tous les curés de l'Univers en 1929.
Sur le socle de la statue il est écrit : « le saint curé d’Ars » et sur l’assise, à ses pieds, l’inscription : « Allez à l’Eucharistie ».

Vitraux
Les trois baies sur le mur sud du collatéral sont fermées par de simples vitraux (voir figure 7 ci-dessous) de couleur jaune et bleu. La fenêtre centrale possède une ouverture en vasistas (voir figure 8 ci-dessous) pour créer une ventilation naturelle.


La chapelle de la sainte vierge
Statue de la vierge Marie
Sur le mur du fond de la chapelle une statue de la vierge Marie polychrome (voir figure 9 ci-dessous), tête couronnée, habillée d’une robe argentée et d’un manteau bleu avec fleurs de lys nous présente « Jésus enfant » de la main gauche et le retient de la main droite. L’enfant est représenté bras ouverts.

Vitrail
Une baie percée dans le mur sud de la chapelle est fermée par un vitrail peint. Le vitrail représente un décor géométrique multicolore au centre duquel figure, dans une mandorle (vient de l’italien mandorla qui signifie amande), le dessin de la Vierge de l'Immaculée Conception (voir figure 10 ci-dessous). La Vierge est représentée avec une longue chevelure dénouée tenant dans ses bras le « Christ bébé ». Elle écrase sous ses pieds un serpent. Deux dragons ailés au bas du vitrail crachent du feu.
Le manteau bleu rappelle qu’elle est reine des Cieux et sa robe blanche dit sa virginale pureté.
Ce vitrail a été posé pendant le Carême de 1866 et provient des ateliers L. Lobin de Tours (signature en bas à gauche (L Lobin) et droite (Tours 1866) du vitrail.
Le 19ème siècle a été une période de grande vénération pour Marie dont l’apogée fut la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception en 1854.

Nef, côté Est
Dans la nef, à environ 2m de hauteur, adossé au mur, de part et d’autre de l’entrée du chœur et de son arc triomphal, deux statues, probablement du milieu du 19ème siècle, posées sur un socle réalisé en 1994.
Sur les anciennes cartes postales de l’église (vers 1900), la statue de saint Loup était à gauche et celle de saint Marcou à droite.
Statue de Saint Loup de Sens
A votre droite la statue en plâtre, non peinte, représente saint Loup (573-623), en tenue d’évêque (voir figure 11 ci-dessous). Les archives nous apprennent qu’en 1828 il existait également un tableau dans l’église représentant saint Loup.
Cette statue a subit des dégradations au 20ème siècle et fut « restaurée » en 1994. Ainsi on a mis d’abord dans la main gauche de Saint Loup une hampe avec une croix à l’extrémité alors qu’il devait porter une crosse formée par une hampe et une volute. La crosse se porte de la main gauche afin de laisser la main droite libre pour bénir. La volute recourbée symbolise une juridiction qui a des limites. Les évêques tournent la volute en dehors et les abbés tournent la volute en dedans parce que pour ces derniers la juridiction est intérieure. La crosse va de pair avec la mitre.
D’autre part on a restauré sa main droite en 1994. Aujourd’hui Saint Loup salue de sa main droite, alors que les évêques, en occident, se sont réservés la bénédiction avec les 2 derniers doigts repliés sur la paume alors que les 3 autres sont déployés. Seuls les prêtres ont pratiqué la main ouverte toute entière.
Pour justifier ces deux anomalies, il se trouve que dans l’église de Binas il existe la statue de Saint Maurice (voir figure 12 ci-dessous) qui est la même représentation que celle de Saint Loup de Charsonville.

Né près d'Orléans dans une famille noble. Il avait 2 oncles qui étaient évêques et qui se chargèrent de son éducation. Il fut évéque de Sens et décéda le 1er Septembre 623. Saint Loup (ou saint Leu) était l’un des saints le plus invoqués contre le loup. Il avait également le pouvoir de guérir bon nombre de maladies ayant presque toutes un rapport avec des situations de craintes ou des symptômes effrayants : convulsions, épilepsies, mutisme, entérite infantile, peur…Il protégeait également contre les animaux enragés. Et, pourtant, rien dans la vie du saint ne le prédisposait à cette relation particulière avec l’animal, sans doute seul son nom y est-il pour quelque chose. Son culte était très important, surtout dans le Bassin parisien.
Sa fête est célébrée le 1er septembre ou à Charsonville le premier dimanche du même mois. Elle donne lieu à la grande fête annuelle de la commune de Charsonville depuis au moins 1750.
Statue de Saint Marcou
A votre gauche la statue en plâtre, non peinte, représente saint Marcou (488-558) qui vécut en Normandie. Saint Marcou (figure 13 ci-dessous) est ici représenté dans son habit de moine franciscain (soutane avec boutons couverts, coule avec capuchon, crucifix à droite sur la ceinture en corde,…).
Saint Marcou porte la tonsure qu’il aurait reçue à l’âge de 30 ans ainsi que l’habit de Clerc.
Lors de la restauration en 1994 de la statue de saint Marcou, notamment celle de ses mains qui n’existaient plus, on décida de déposer dans sa main gauche une mappemonde surmontée d’une croix (l’orbe).
Pour ma part, je propose que saint Marcou tienne le livre ouvert des Evangiles dans sa main gauche et un bâton dans sa main droite.
Né à Bayeux, ordonné prêtre, saint Marcou fonde l'abbaye de Nanteuil (diocèse de Coutances), évangélise le Cotentin et les îles de la Manche. Ses reliques sont transférées à Corbény (diocèse de Soissons) et les rois de France, après leur sacre à Reims, viennent y guérir les scrofuleux en disant : "Le roi te touche, Dieu te guérit." Il est connu comme guérisseur des écrouelles. Par extension, il est réputé pour guérir les furoncles et les abcès.

Nef, mur nord
Statue de Sainte Thérèse de Lisieux
Sur le mur nord de la nef, côté chœur, est adossée la statue, non peinte, de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873–1897) ou sainte Thérèse de Lisieux (La Thérèse aux roses) (voir figure 14 ci-dessous).
Elle est canonisée en 1925. Elle est avec Jeanne d'Arc proclamée «Patronne Secondaire de la France ».
Louis Richomme, né à Vire en 1883 et décédé en 1975, a réalisé plusieurs statues représentant Thérèse de Lisieux. La plus diffusée étant la « Thérèse aux roses », créée en 1922, reproduite dans plusieurs ateliers dont Marron à Orléans.

Vitrail
Les vitraux des deux fenêtres de la nef (voir figure 15 ci-dessous), de style roman (1920) seraient de couleur jaune.

Le Sanctuaire
Le Chœur est composé de deux parties distinctes ; le Chœur (chants, sièges des nobles…) et le Sanctuaire (ou se trouvait avant l’autel).
Statue de Saint Antoine de Padoue
A la gauche de l’ancien autel, en bas du mur du chevet, il existe une petite statue polychrome représentant Saint Antoine de Padoue (voir figure 16 ci-dessous), en tenue des moines franciscains, avec une inscription à ses pieds «St Antoine de Padoue Vous fera trouver ce que vous aurez perdu ». Ce saint est traditionnellement invoqué pour retrouver des objets perdus ou des choses oubliées. Il tient dans sa main gauche Jésus enfant, assis sur un livre (un grand in-quarto évoquant l'Ancien et le Nouveau Testament) et dans sa main droite une grande tige de fleurs de lys. A y regarder de plus près, on repère quelques attributs; la corde ceinturant son habit avec à sa gauche ses trois nœuds symboliques rappelant les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance et sa droite son chapelet. Les fleurs de lys sont les symboles de candeur, et signes de dévotion à la Vierge Marie.

Statue de Saint Joseph
A la droite de l’ancien autel, en bas du mur du chevet, il existe une petite statue polychrome de Saint Joseph (voir figure 17 ci-dessous) tenant dans sa main droite « Jésus enfant » et dans sa main gauche des fleurs de lys, comme saint Antoine de Padoue (mais inversé). Jésus tient dans sa main droite l’orbe. L’orbe (globus cruciger « globe crucigère ») est un globe surmonté d’une croix, symbole chrétien de l’autorité. Sa forme circulaire rappelle celle du globe terrestre et rappelle celle du globe terrestre et symbolise la domination temporelle et non seulement spirituelle du christ sur le monde. Dans l’iconographie occidentale, un christ portant l’orbe dans sa main reçoit le nom de Salvador Mundi (sauveur du monde). C'est lors de l'expansion du christianisme, au 5ème siècle, que le globe fut coiffé d'une croix, symbolisant la domination de Dieu sur le monde entier.

Les vitraux du chevet
Le mur Est appelé « chevet » est plat. Dès le 11ème siècle le chevet plat connu un large succès surtout dans les campagnes, car il est aisé à réaliser par des maçons locaux. Ce chevet est percé de 3 grandes fenêtres (lancettes) surmontées dans le tympan d’une fenêtre en demi-lune. Une lancette est un arc brisé de forme très allongée qui appartient au style gothique. Sa forme ressemble à l’extrémité d’un fer de lance. Cet arc brisé très aigu crée des ouvertures hautes et étroites. Une lancette est formée par deux arcs de cercle qui se recoupent. Ces deux arcs sont inscrits dans des cercles dont les centres sont situés sur une même droite à une grande distance l’un de l’autre.
Le vitrail est une composition translucide, destinée à la fermeture d’une baie et formée de pièces de verres coloré ou non, peintes ou non, sertis dans un réseau de plomb. C’est la lumière qui révèle le vitrail. La lecture d’un vitrail se faisant par transparence, c'est-à-dire en contre-jour. A la révolution près d’un tiers des vitraux des églises vont disparaître car ils symbolisent la féodalité avec les fréquentes représentations des armoiries des nobles et la richesse de l’église. A Charsonville, au 18ème siècle, on voyait encore dans le vitrail du chœur de l’église, les armes des Montmorency, dont la maison seigneuriale est située dans le bourg de Charsonville (« La Grand’maison »).
Le curé Cribier, curé de Charsonville, décédé en 1890, avait noté dans un des registres de l’église de Charsonville la date de la pose de ces vitraux, leurs significations et leurs fournisseurs :
Le 11 et le 12 juillet 1881 : démolition du retable et réouverture des 3 lancettes et du tympan.
Le 14 et le 15 juillet 1881 pose des 4 verrières. Ces verrières sont de la maison Léopold Lobin de Tours.
Madame Adèle Dabout (1852-1933), née à Vilaine, veuve de Léon Isambert (1839-1876), juge suppléant au tribunal de Chartres, juge à Châteaudun puis à Dreux, avait donné 300 frs pour payer la verrière du sacré-cœur.
Ste Trinité
Verrière archéologique 13ème siècle en demie lune avec fond mosaïque avec dans un médaillon la représentation de la Ste Trinité (voir figure 18 ci-dessous). La Sainte Trinité est le Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-esprit, égaux, participant d'une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts. La forme semi-circulaire crée la communion.

St Martin, aux portes d’Amiens
A gauche, verrière archéologique 13ème siècle avec fond mosaïque. Le médaillon du vitrail (voir figures 19 ci-dessous) représente la célèbre scène ou St Martin, aux portes d’Amiens, rencontre en plein hiver un pauvre grelottant à demi nu, tremblant de froid, qui implore la piété des passants. Martin a distribué à d’autres solliciteurs son argent et tout ce qui, dans son équipement, était susceptible d’être donné. C’est alors qu’il lui donne la moitié de sa cape (la « chlamyde » blanche que porte tout cavalier de la garde impériale). Dans l’armée romaine, seule les officiers avaient droit à un manteau de couleur rouge. La récupération du rouge dans les représentations martiniennes vient de l’assimilation courante du saint avec un officier.
Des historiens pensent que Martin a donné ce qui lui appartenait ; la partie chaude, une doublure en peau de mouton, qui seule protégeait du froid. En partageant ainsi sa cape, il gardait intacte la propriété de l’armée. Les rois francs partiront en guerre en portant cette « chape » comme bannière.

Notre Seigneur JC au sacré-cœur
Au centre, verrière archéologique 13ème siècle avec un personnage. Le vitrail du centre représente Notre Seigneur JC au sacré-cœur (voir figure 20) apparu à sainte Marguerite Marie Alacoque.
Elle entre au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial où elle prend l’habit des visitandines le 25 août 1671. Le 27 décembre 1673, le Christ lui apparaît physiquement, lui révélant son divin Cœur rayonnant comme un soleil, portant la trace du coup de lance, la couronne d'épines. Une croix le domine. Il lui adresse alors ce premier message : « Mon divin Cœur est si passionné d'amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen. ». Durant l'octave du Saint Sacrement, en 1675, c'est la troisième grande apparition, et sans nul doute la plus connue. De nouveau, le Christ lui révèle son divin Cœur, et lui laisse ces paroles : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné jusqu'à s'épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris […] Mais ce qui m'est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi. » Il lui demande alors que soit instaurée la fête du Sacré Cœur, un culte public. Déclarée vénérable en 1824 et bienheureuse en 1864, Marguerite-Marie a été canonisée le 13 mai 1920 par le pape Benoît XV.

Saint Loup guérissant un épileptique.
A droite verrière archéologique 13ème siècle, fond mosaïque, avec un médaillon représentant Saint Loup (figures 21 ci-dessous) guérissant un épileptique.

Les dessins des deux vitraux sud (voir figure 22 ci-dessous) et nord (voir figure 23 ci-dessous) du sanctuaire, sont de couleur bleu, rouge et jaune sur fond transparent. Le réseau de plomb qui apparaît en noir et qui cerne le contour des formes précise les formes géométriques entrelacés (carrés et cercles). Le carré opposé au cercle représente le monde créé. Il est la figure du monde sensible. Le cercle est une figure géométrique parfaite, dessinée d’un seul trait. Il n’a ni commencement ni fin. Ces qualités font du cercle un symbole de Dieu, opposé au carré qui est mesurable et défini par quatre angles et qui représente la réalité d’ici bas.

Le Choeur
Le Chœur est composé de deux parties distinctes ; le Chœur (chants, sièges des nobles…) et le Sanctuaire (ou se trouvait avant l’autel).
Le vitrail nord du Chœur (voir figure 24 ci-dessous) est simple.

Disposition des statues dans l’église
Nota : Les statues, avant 1994, étaient situées différemment dans l’église qu’aujourd’hui.

Principales sources
Saint Martin apôtre des pauvres de Olivier Guillot édition Fayard 2008
Gallica
Loiret Généalogique
Archives personnelles
Archives du Loiret sur la commune de Charsonville :
Actes des notaires :
- François Gasnier (1677-1712) (3E 19115 à 19120)
- François Gonelle (1712 – 1743) (3E 19121 à 19125)
- Gentien Navarre (1744 – 1754) (3E 19126 à 19128)
- Jean Doucet (1755 – 1777) (3E 19129 à 19137)
- Delacour Gervais (1777 – 1809) (3E 19138 à 19156)
- Louis Marc Gaulthier (1810 – 1812) (3E 19157)
- Lubin Cailloux (1812) (3E 19157)
Archives du diocèse d’Orléans:
- 50J 291
- 50J 730
- 50 J 703
- 50J 704
- 50J 714
- 50J 715
- 50J 1049
Archives de la commune de Charsonville
- 406O-SUPPL 9M/3
- 406O-SUPPL 9M/4
- 406O-SUPPL 1P/1
- 406O-SUPPL 1P/4
- 406O-SUPPL 1P/5
- 406O-SUPPL 1P/6









