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Cravant : Qui étaient Catherine de Piermont et Paul de Villeneuve ?

Auteur : Patrick  Créé le : 13/12/2025 14:54
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Cravant est une commune du Loiret située à 7km au nord de Beaugency. Elle comprend les fermes et hameaux suivants : Launay, Orcière, La Borde, Rilly, Petit Rilly, Châtre, Beaumont, Villechaumont, Le moulin de Villechaumont, Villejouan, Cernay, Villecoulon, La Villette, Villesue, Beauvert, et Laie. Sa population est d’environ 1000 habitants.

Son église St Martin, dont la construction remonte au 13ème siècle, renferme des objets classés; un bel orgue d’Aristide Cavaillé-Colle du 19ème siècle, un retable du 18ème siècle (statues de : Saint Augustin, Saint Eloi, la Vierge et deux anges), deux bas-reliefs en panneau de bois sculpté du 18ème siècle (La Pâque et les pèlerins d’Emmaus),…...

Parmi ces monuments historiques, il faut citer également, discrètement fixée dans le chœur de l’église, une plaque funéraire en marbre noire (voir figure 1 ci-dessous). Sur cette plaque (112 cm x 68 cm, classé au titre d’objet le 6/3/1970) on peut lire que Paul de Villeneuve seigneur des Grands et Petits Lais y avait fondé un service pour le repos de l'âme de Catherine Laurence de Piermont, décédée en 1716, fille de Pierre Guillain de Piermont, seigneur de Koukerque et vicomte de la ville de Bergue en Flandre.

Pourquoi la fille d'un vicomte flamand est-elle venue mourir dans ce village de Beauce ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans le présent article. L’histoire débute le 6 avril 1716 avec l’inhumation de Mme De Piermont dans l’église de Cravant. Elle nous est connue à la faveur des recherches historiques de M Pommier, entre 1910 et 1913, qui était membre de la société archéologique et historique de l’orléanais et qui a voulu connaître l’histoire de l’inscription du 18ème siècle qui se trouvait à cette époque, comme aujourd’hui, dans le Chœur de l'église paroissiale de Cravant (voir figure 2 ci-dessous).

Un prochain article, contenant plus de détails sur la famille de Villeneuve, traitera de l’histoire de Laie et de ses différents propriétaires jusqu’au 19ème siècle.

Je remercie Mme Odile Amary, organiste liturgique de l’église de St Martin de Cravant, pour les photos de la plaque mortuaire de Mme De Piermont dans cette même église.

 

 

 

Voici d'abord le texte intégral de cette inscription funéraire :

 

CY DEVANT REPOSE LE CORPS DE TRES VERTUEUSE

ET TRES ILLUSTRE DAME MADAME CATHERINE LAURENCE

DE PIRMONT FILLE DE FEU MESSIRE PIERRE GUILLAIN DE

PIRMONT CHEVALIER SEIGR DE KOUKERQUE BELINCOUR

Etc VICOMTE DE LA VILLE DE BERQUE EN FLANDRE

CHEVALIER DE ST JACQUES DES ORDRES D ESPAGNE POR

LE REPOS DE L AME DE LADITTE DAME MESSIRE PAUL

DE VILLENEUFVE CHEVALIER SEIGNEUR DES GRANDS

ET PETITS LAIS A FONDÉ UN SERVICE SOLEMNEL D’UNE

GRANDE MESSE A CHANTER TOUS LES ANS AVEC UN

DE PROFUNDIS A LA FIN LE 5E D AVRIL 1716 JOUR DU

DECES DE LA DITTE DAME A PERPETUITÉ ET UN POUR

LE REPOS DE L AME DUDIT SR DE VILLENEUFVE AU JOUR

DE SON DECES LE     JOUR DU MOIS         

PAR CONTRACT FAIT AVEC MESSIRE JEAN

CLAUDE MIRON CURÉ ET LES MARGUILLIERS DE

LA PARROISSE DE CREVAN LE DIT CONTRACT PASSÉ

PAR LE NOTAIRE GREAR A BAUJENSY LE 15

OCTOBRE 1716 ENTRE LE DIT SR CURÉ ET LES

MARGUILLIERS ET LE DIT SR DE VILLEUFVE

 

PRIEZ DIEU POUR LEURS AMES

 

JAY ESTÉ COMME VOUS   VOUS SEREZ COMME MOY

 

 

Remarques sur la plaque funéraire

En plus d’être des lieux de culte, les églises ont été longtemps des lieux d’inhumation comme les cimetières. En effet, vers l’an 900, l’Eglise accepta certaines inhumations dans ses églises ; pour les évêques, les curés ou les laïques dont la vertu avait été reconnue et qui voulaient gagner l’immortalité. Il s’agissait aussi d’une activité lucrative pour les églises et la Fabrique.

Cependant l’Eglise, en 1614, exigeât que « les sépultures des prêtres et de tout le clergé, devaient être inhumés dans un lieu de l’église plus honorable ». C’est pourquoi, les clercs furent inhumés dans le Chœur des églises et les laïques et nobles devaient se contenter d’une place dans la nef ou dans leur chapelle.

C’est ainsi que l’acte de décès de Madame De Piermont précise qu’elle a été inhumée dans l’église, donc très probablement dans la nef et non dans le chœur car prêtre l’aurait signalé. De plus, sur la carte postale de 1905 du chœur de l’église (voir figure 3 ci-dessous) on n’aperçoit pas la plaque.

 

 

Il faudra attendre 1776 pour que le roi Louis XVI interdît, pour des raisons de salubrité publique, toutes les inhumations dans les églises sauf pour les curés et les évêques. Alors l’art funéraire dans les églises se déplaça dans les cimetières (caveaux, dalles ; croix en pierre…).

 

Au dessus du texte il y a la gravure (voir figure 4 ci-dessous) des armoiries d’alliance, des deux familles, surmontées d’une couronne à 9 perles, correspondant au titre de Comte. En effet, selon la hiérarchie nobiliaire, le Comte timbrait ses armoiries d'une couronne composée d'un cercle d'or, orné de seize grosses perles montées sur des rayons d'or. Lorsque cette couronne était dessinée, on ne voyait que neuf perles. Le casque de Comte est d'argent, bordé d'or, taré aux deux tiers, à sept grilles, accompagnée de quatre lambrequins (sorte de plumes, naissantes du casque et s’enroulant autour des écus).

Sous cette couronne une coquille St Jacques est représentée pour signaler que M De Piermont est chevalier de Saint Jacques des Ordres d’Espagne.

Cette couronne enveloppe deux écus d’ornementation dans lesquels figurent les armoiries des familles. Le blason de gauche représente la maison de Villeneuve car les Villeneuve du Dunois avaient des armoiries d'argent à la croix ancrée. Le blason de droite représente la maison de Piermont des Flandres (chevron et 3 glands).

 

 

A la suite des armoiries, le texte est rédigé en français car le latin n’est plus employé à cette époque dans les registres et les actes. Le texte a été dicté très certainement par un notaire car reconnaissable aux abréviations employées dans le texte.

 

La plaque funéraire en France se répandit dans les églises avec la croyance dans le purgatoire, car pour sortir du purgatoire le mort devait compter sur les messes que l’on célébrait pour lui et sur les prières des passants (d’où la plaque et son épitaphe en français).

 

On peut lire sur cette dalle noire une épitaphe «courante » qui reprenait les dispositions testamentaires particulières ; une grande messe à chanter tous les ans à perpétuité et également une messe pour Paul de Villeneuve. Car depuis le Moyen Age, tous les fidèles agissaient dans l’espoir du Salut et la crainte de l’Enfer. En effet, depuis le début du 14ème siècle le purgatoire avait pris une place égale à celle de l’Enfer et du Paradis. Les testaments prévoyaient donc des messes et des dons charitables. On croyait également que le nombre de messes était important.

Ainsi, Paul de Villeneuve avait donné à la cure de Saint-Martin de Cravant deux mines de blé de rente foncière perpétuelle, à charge pour le curé de célébrer chaque année une grande messe chantée et dire un De Profundis à la fin et une autre pour le repos de son âme.

Les fidèles, comme Mme de Piermont et M de Villeneuve estimaient donc devoir passer un certain temps dans le purgatoire (créé vers le 12ème siècle par l’Eglise). Pour eux, cette épreuve au Purgatoire serait longue (« messes à perpétuité ») mais la délivrance serait au bout.

 

Plusieurs questions restent cependant sans réponse aujourd’hui ;

Paul de Villeneuve était marié avec Mme De Piermont mais il n’y a pas écrit « épouse » sur la plaque.

Le nom de la mère de Catherine de Piermont n’est pas écrit ?

Les espaces laissés disponibles sur la tablette funèbre pour l'inscription de la date du décès de Paul Villeneuve attendent toujours depuis trois siècles leur complément ?

 

D’autre part le contrat, signalé dans l'inscription sur la plaque noire, a été passé le 16 septembre et non le 15 octobre, devant Gouthière et Gréard, notaires à Beaugency. La plaque a donc été gravée avant le 16 septembre.

 

Au bas de ce texte le dessin d’un crâne et de deux ailes de chauve-souris (voir figure 5 ci-dessous) n’est pas une fantaisie décorative. Au 15ème siècle, l’utilisation du crâne se retrouve beaucoup dans l’art chrétien et ensuite le crâne apparaît dans le genre pictural de la Vanité. Puis au 18ème siècle apparaissent les crânes avec des ailes de chauve-souris sur des faire-part d’enterrement. La symbolique des ailes de chauve souris est probablement l’image de ceux qui se plaisent dans les ténèbres de l’ignorance et qui refusent de voir les vérités lumineuses de la Foi.

 

 

Pour finir, la citation en bas de la plaque rappelle le fameux « Memento mori » de l’Antiquité.

 

 

Qui était Catherine de Piermont ?

 

La date exacte de la naissance de Paul de Villeneuve est incertaine. Selon son acte de décès il serait né vers 1640. Mais selon d’autres sources il aurait été probablement baptisé au Temple de Lorges le 2 mai 1650. En effet, Paul de Villeneuve signale que sa famille a été de la R. P. R. (Religion Prétendue Réformée). La famille De Villeneuve a donc été protestante jusqu’à la fin du 17ème siècle.

Il faut rappeler que la Réforme naît et se développe en Europe et apparaît en France vers 1528, sous François 1er. Mais ensuite, dès le début de son règne, Henri II se révèle un ennemi des Réformés car c’est à cette époque qu’une partie de la petite noblesse se rallie à la Réforme. Ainsi on comptait, à cette époque, jusqu’à 5 Eglises protestantes aux environs de Cravant (Mer, Marchenoir, Beaugency, Briou et Lorges). Le château de Lorges ou fut baptisé Paul de Villeneuve, appartenait aux Montgomery. Or, le comte Gabriel de Montgomery, seigneur de Lorges, tua par accident en 1559, le roi Henri II dans un tournoi. Et c’est après son meurtre accidentel qu’il se convertit au protestantisme et émigra en Angleterre.

 

Néanmoins, en France, l’affaiblissement du pouvoir royal, sous la Régence de Catherine de Médicis, créera une condition favorable à l’expansion du protestantisme avec son historique Edit de St Germain du 17 janvier 1562 tolérant le culte protestant uniquement dans les maisons privées et hors des villes closes, ce qui entraîna les guerres de religion (1562-1598).

 

Plus tard, ce fut le mérite de Henri IV de ramener la paix civile et religieuse en promulguant l’Edit de Nantes en 1598 (deux religions coexistaient en France). Mais cette singularité pris fin lorsque Louis XIV signa la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et interdit le protestantisme en France. Enfin, Louis XVI rendit aux protestants une existence légale par son Edit de Tolérance en 1787.

 

Pour autant, Paul de Villeneuve est né du mariage le 2 décembre 1634, de Gédéon de Villeneuve avec Marie Le Roy qui lui donna douze enfants, dont six fils. L'un d'eux était Paul de Villeneuve, l'auteur de la plaque funéraire posée dans le chœur de l’église St Martin de Cravant. Dans les archives on trouve la trace des enfants suivants : Jean (1644), Paul (1650), Gabriel (1652), Esther (1654), Ecthor (1657). Gédéon de Villeneuve avait acheté le domaine de Laie le 12 mars 1639.

 

Il est certain qu'en 1672 (à l’âge de 22 ans), il est lieutenant au régiment de la Reine, et que le 16 mai 1674, Paul de Villeneuve est capitaine.

 

Il est probable que le régiment de notre « officier beauceron » est parti guerroyer dans la région des Pays-Bas. Là il fait la rencontre de Catherine De Piermont qu’il épouse le 27 septembre 1678 (voir figure 6 ci-dessous).

De ce mariage naîtront ; Sébastien de Villeneuve, Jeanne Catherine Florence de Villeneuve mariée avec René de Thiville, Marie Austerberthe, Louis Philippe et Louise Gastonne de Villeneuve (1716-1789).

 

 

 

La femme de Paul de Villeneuve, Catherine De Piermont, était la fille de Pierre Ghislain (Guillain ou Guislain) de Piermont, décédé en 1669, seigneur de Koudekerke (aujourd’hui : Téteghem-Coudekerque-Village, commune située dans le Nord en région Hauts de France), vicomte et bourgmestre de Bergues-Saint-Winoc (aujourd’hui Bergues) marié en 1641 avec Comélie Van Zinneghem.

 

 

La vie de Paul de Villeneuve

Après son mariage en 1678, nous retrouvons Paul de Villeneuve le 8 juillet 1689 au Quesnoy (département du Nord), où, dans l'acte de baptême de sa fille Austreberthe, il est qualifié de capitaine, commandant un bataillon dans le régiment de la Reine, ingénieur des armées du Roi et directeur des fortifications de cette place. L'acte de baptême nous révèle qu'elle a eu pour parrain et marraine ses frère et soeur, Sébastien et Jeanne.

 

Paul de Villeneuve écrit, du Quesnoy, à Louvois, le 10 mai 1690, pendant la guerre de la Ligue d'Ausbourg et dans les termes de sa lettre confirme ses fonctions de directeur des fortifications de cette place.

 

A la suite de la mort de sa mère (Marie Le Roy), Paul de Villeneuve devient Seigneur du Grand Lais en 1693 et il s’installe définitivement avec toute sa famille au château de Laie. Il en fait foi et hommage le 30 juin 1693.

 

Si on veut résumer sa carrière militaire ; il a commencé dans l'infanterie jusqu'au grade de chef de bataillon puis il passa dans le génie et enfin il prit sa retraite avec le grade de colonel ou peut-être de général de brigade.

 

En 1698, Paul de Villeneuve fait admettre, l'une de ses filles à la Maison royale de Saint-Cyr, fondée par Mme de Maintenon, et il dut produire les titres de noblesse de la postulante. Il y est noté que cette famille de Villeneuve a été de la R. P. R. (Religion Prétendue Réformée) et a plusieurs parents établis en Hollande et en Angleterre.

 

En 1701, il assiste à Cravant, avec son épouse, au mariage de sa nièce Sidoine de Villeneuve.

 

En 1703, il habite toujours sa maison seigneuriale du Grand-Lais comme le signale un acte de Billard, huissier royal au bailliage d'Orléans, en date du 21 décembre 1703. Il est qualifié de seigneur des Grand et Petit Lais, ingénieur des camps et armées du Roi, capitaine au régiment de la Reine et commissaire des guerres.

 

En février 1705, Paul de Villeneuve quitte seul sa demeure du Grand-Lais pour se rendre à cheval à Orléans. Il laisse dans son château sa femme et ses enfants. Arrivé à Orléans, il loge à l'hôtel de Saint-Louis, rue de la Porte Madeleine, paroisse de Saint-Laurent. Le lendemain, le 12 février 1705, devant son notaire, il constitue à sa fille Jeanne Catherine Florence de Villeneuve, une rente annuelle de 300 livres payable les 12 août et 12 février. Cette rente doit servir de dot à sa fille, car Paul de Villeneuve n’a pas, pour l’instant, de bien immobilier à lui donner. Il ne possède que le domaine de Laie. Dans cet acte il est désigné comme ; chevalier, seigneur du Grand-Lais, vicomte de Coudekerque en Flandre, conseiller du Roi, commissaire ordinaire des guerres.

Sa femme, Catherine de Piermont, qui n’était pas allé à Orléans avec son mari, ratifie, le 16 mars 1705, cette constitution de rente par un acte passé devant notaire au château du Grand’Lais.

 

Cependant Paul de Villeneuve souhaite donner une belle cérémonie de mariage à sa fille Jeanne. Il veut qu’elle se marie au château de ses ancêtres. Et il débute en 1710 la construction d’une chapelle privée dans son château du Grand Laie. Il a la permission de l’évêque d’Orléans ; Louis Gaston Fleuriau d’Armenonville (1662-1733) depuis 11 décembre 1709. Cette année là, Paul de Villeneuve voit la Loire (toute proche de chez lui), en crue.

Les travaux de la chapelle se terminent trois ans plus tard, en 1713. Le curé de Cravant, le 19 décembre 1713, bénit cette chapelle « domestique ».

 

Puis, a lieu le 26 juillet 1713, la bénédiction des deux cloches de l’église de Saint Martin de Cravant. Pour la première cloche (la plus grosse), la marraine est Jeanne de Villeneuve et le parrain est Jacques Léonor de Thiville, seigneur d’Ouzouer le Marché (père du futur marié). Pour la deuxième cloche, le parrain est René de Thiville (futur marié) et la marraine est Marie Austreberthe de Villeneuve, la sœur de Jeanne.

 

Cependant, un an après cet événement, les deux cloches, posées en 1713, seront remplacées et deux nouvelles cloches sont bénites le 26 avril 1714. Les parrains et marraines ne seront pas les mêmes qu’en 1713. La fabrication des cloches à cette époque est artisanale. Cet artisan (le saintier) confectionne les cloches durant plusieurs mois en plein air au pied du clocher. Il est possible que les deux cloches bénites en 1713 avaient un défaut.

 

Le 3 juillet 1715, René de Thiville, chevalier, seigneur de Seris (41, proche de Josnes) et Boussy (41, commune d’Ouzouer-le-Marché), épouse Jeanne Catherine Florence de Villeneuve.

 

Catherine Laurence de Piermont a un dernier enfant en 1716, Louise Gastonne (1716-1789). Malheureusement le 6 avril 1716, elle décède au château de Laie (voir plaque mortuaire dans le chœur de l’église St Martin de Cravant).

Le 6 avril 1716, le curé de Cravant relate dans le registre paroissial l'inhumation de dame Catherine de Piermont, femme de Messire Paul de Villeneuve et ajoute, qu'il lui a donné le Sacrement d'Extrême-onction, n'ayant pu lui donner les autres à cause de la maladie inopinée dont elle est morte.

 

Quelques mois après, le 16 septembre 1716, Paul de Villeneuve, considérant que depuis le décès de son épouse il n'est plus dans l'état de gérer le domaine des Lais, en fait la donation à René de Thiville et à sa fille Jeanne de Villeneuve. Ses autres enfants: Sébastien (baron de Villeneuve), Louis Philippe (chevalier de Villeneuve) et leur sœur Marie Austreberthe de Villeneuve, présents à la donation, la ratifient comme avancement d'hoirie pour les donataires qui s'obligent à leur payer une somme de 4.000 livres comme équivalent de retour.

 

Le même jour Paul de Villeneuve donne à la cure de Saint-Martin-de-Cravant, dont le titulaire est Jean Claude Miron, « deux mines de bled froment de rente foncière perpétuelle avec jouissance de la Toussaint 1717, à charge pour le curé de célébrer chaque année, le 5 avril, jour du décès de sa défunte épouse, une grand' messe chantée et dire un De Profundis à la fin et une autre pour le repos de son âme», et il stipule « qu'en attendant le jour de son décès, ce second service se fera le 5 octobre de chaque année». La minute de cet acte est signée ; Miron, Gouthière et Gréard.

 

Le temps s’écoule, Paul de Villeneuve est âgé et fatigué, si l'on en juge d'après ses services militaires. Il a abandonné depuis 1716 la terre des Lais aux époux de Thiville (Jeanne et René) et habite maintenant à Beaugency avec sa fille Austreberthe.

 

Paul de Villeneuve meurt en 1728. Il est inhumé le 3 septembre dans l’église de la paroisse Saint Firmin. Il repose donc dans les fondations de l'ancienne église de Saint-Firmin, si ses restes n'ont pas été dispersés lors de la démolition des nefs de cet édifice, dont la tour seule subsiste. Un procès-verbal du 15juin 1793, des administrateurs du district de Beaugency, relate que l'église et la sacristie de la paroisse de Saint-Firmin, à démolir jusqu'au niveau du pavé des rues, la tour ou clocher de ladite et les charpentes du clocher exceptées, ont été adjugées pour 8200 livres à Claude Dubreuil marchand audit lieu.

 

Pour autant, l’église de Cravant est proche de sa sépulture et il est permis de s'étonner que sa fille ; Jeanne de Villeneuve, qui tenait de lui sa seigneurie des Lais par préférence sur ses frères et soeurs, a négligé d'inscrire la date de la mort de son père sur la plaque mortuaire située dans le chœur de l’église de Cravant et que son père n’est pas été inhumé en 1723 dans l’église de Cravant avec son épouse.

 

 

 

 

 

En résumé

Paul de Villeneuve est né en 1650 et habite au château de Laie avec ses parents (Gédéon et Marie Le Roy). Sans fortune particulière, fils de la petite noblesse beauceronne, il embrasse la carrière militaire. Son régiment part se battre dans les Flandres et il se marie là bas en 1678 avec Catherine de Piermont. Ils auront 5 enfants.

A la mort de sa mère, il revient à Cravant car il hérite du domaine et devient Seigneur de Laie en 1693.Il prend sa retraite avec le grade de colonel ou peut-être de général de brigade.

Catherine Laurence de Piermont a un dernier enfant en 1716, Louise Gastonne (1716-1789). Malheureusement le 6 avril 1716, elle décède au château de Laie. Quelques mois après Paul de Villeneuve considérant que depuis le décès de son épouse il n'est plus dans l'état de gérer le domaine de Laie, en fait la donation à sa fille Jeanne de Villeneuve et à son mari René de Thiville.

Le temps s’écoule, Paul de Villeneuve est âgé. Il habite maintenant à Beaugency avec sa fille Austreberthe. Il meurt en 1728. Il est inhumé le 3 septembre dans l’église de la paroisse Saint Firmin à Beaugency.

 

 

Arbre généalogique simplifié

 

 

 

 

 

Sources

 

Bulletins de l’orléanais de 1913, 1914 -1916, 1931, 1932, 1936

Archives départementales du Loiret

La plateforme du patrimoine « POP »

Le Loiret Généalogique

Huguenots de France

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